Je me suis réveillé à 7h00, je me suis mis à écrire, Frantz dort encore. Par chance, le WIFI fonctionne, ma carte de crédit (USA) à des problèmes à ce qu’il parrait. J’appelle au numéro par skype, le type me dit que je ne peux acheter pour plus d’argent que ma limite sinon, la carte sera bloquée. Evelyne est en ligne également, avec Papijo, je leur parle un peu. Ils sont contents du blog. Assane arrive et me dit qu’il attend des visiteurs et qu’après on ira voir une installation qui donne des problèmes.
Deux types rentrent dans le bureau, ils viennent de Dakar. Le directeur Asour et un de ses employés Aidara, beaucoup plus jeune. Assane veut que j’assiste à la rencontre, le directeur parle en français, ils ont une boite à Dakar et ils veulent des installateurs pour travailler en collaboration avec eux. Ils veulent travailler avec Kayer car c’est un des lauréats 2010 du concours SEED. Je ne pas sûr, mais il me semble qu’on a participé à ce concours. Si nous sommes en train de former leur lauréat, alors… ! Le directeur dit qu’il dispose d’une équipe technique capable de les aider dans l’étude des projets. J’écoute sans rien dire.
Une fois la conversation terminée, Khadim prend ses outils et les mettent dans la voiture du directeur. Frantz va rester avec les autres pour continuer le travail, il est allé à la pharmacie pour acheter des médicaments contre la grippe. Vers 10h40, les 5 ont embarqué dans la voiture, une Mitsubishi Pajero (pour nous c’est Montero), et on prend la route vers St-Louis (direction opposée à Dakar). Ca va me permettre de voir une autre partie du Sénégal. A la sortie de Mekhe, il y a un terrain avec des milliers de sac de plastiques, je ne peux pas dire que c’est une décharge publique car il n’y pas d’autres types de déchets. La route est un peu gondolante sur quelques kilomètres, ce qui oblige Asour à réduire la vitesse. Sinon, on roule entre 120 et 150 km/h.
Arrive à Kevemer, on quitte la nationale, on tourne à droite. Kevemer, c’est la ville natale du Président Wade, je pensais que la ville allait bénéficier de plus d’investissements que les autres, apparemment non. Aidara me le confirme. Il n’a rien fait. On quitte Kevemer pour tomber sur une autre route nationale, moins fréquentée. Ici, pas de gros bus, un peu plus de charrette et le transport est assurée par des bus de taille moyenne et des « rache pwèl ». Il y a même des types qui « pran seso ».

Khadim sort un livret, lorsqu’il a terminé je lui demande s’il était entrain de prier, il me dit que oui. Ah bon! Il me semble que le Coran définit clairement le rituel de la prière, être propre, pied nus, tapis au sol, en se prosternant, orientée vers la Mecque. Je me demande d’où vient l’option prier dans une voiture à 120 km/h. Le Coran n’avait pas prévu la technologie. Si c’est comme ça, bientôt ils pourront envoyer leurs prières par Blackberry ou Iphone hi hi hi !




On arrive enfin à Thiel, il est 14h30 une chance que la Pajero était confortable. Thiel est un petit village pauvre, et sale. Surtout à cause des sachets de plastique. On va au centre communautaire, pour voir l’installation. Il y un bureau avec des tonnes de paperasse, je vois un cahier « quinze » où c’est marqué « registre de l’état civil ». Il y a un ordinateur portable et une imprimante et une connexion internet avec le téléphone fixe. On doit aller voir l’installation qui ne fonctionne pas. La radio communautaire ne peut pas marcher 4h00 par jour. C’est un problème de câblage, les fils sont sous-dimensionnés. On fait des tests avec la radio, ça ne tient pas parce que les batteries ne sont pas assez chargées. Le chef du village veut avoir une salle informatique, il a déjà les ordinateurs. Assane traduit, il veut savoir s’il peut mettre les ordinateurs sur le système solaire.
« Oh ! »
Mon impression sur la langue française se confirme, le chef du village est né sur la colonisation et il arrive à me parler en français, sont français est « lent » mais correcte. On prend quelques photos de groupe et on quitte Thiel à 16h20.
On repasse à travers l’Afrique profonde pour finalement arriver à Thiaf vers 18h00. On s’est perdu quelques fois, on dû demander aux villageois. On ne rentre pas dans la ville, mais à partir des minarets, je peux voir qu’elle n’est pas petite. On s’arrête pour mettre de l’essence et Adiara prends le volant.

On est dans la même ville que la magistrale mosquée, et le centre de santé est dans un tel état ! On préfère panser les âmes plutôt que de panser les corps. En tout cas…
Sur la route qui mène à Mekhe, je ne peux m’empêcher de faire des comparaisons. En 300 km de route plus les 120 km qui séparent Dakar de Mekhe, je n’ai pas croise une seule rivière, même sèche. Et pourtant les Sénégalais ont de l’eau courante. D’ailleurs les châteaux d’eau sont visibles partout, ils ont tous la même forme : un cône inverse supporte par de colonnes à 20 mètres du sol.
Je peux voir que la décentralisation fait son chemin au Sénégal, il y a plein de bâtiments publics flambants neufs qui sont des annexes des différents ministères. Je n’ai pas vu de vieux bâtiments coloniaux abritant les services publics. Je n’ai vu que 4 panneaux de coopération internationale : AFD, USAid, Jica (Japon) et une ONG espagnole.
A 20h30 on est de retour à Mekhe, Asour et Aidara doivent continuer jusqu'à Dakar eux. On vient de faire 300 km un aller-retour en 10h ! Y compris le stop à Thiel. Même si les dirigeants sénégalais ont volé comme c’est souvent le cas dans la plupart des pays africains, au moins ils ont laissé un minimum…
Eau, route et électricité.
Je viens de réaliser que je n’ai rien mange depuis ce matin, et je pourrais encore tenir. Assane nous dit d’aller le rejoindre au restaurant, il va prendre sa moto. Bon, on est des habitués maintenant, la fille devine qu’on va prendre du poulet. Khadim est venu nous rejoindre également. Après le repas, on passe saluer Abdallah au cyber café, on ne reste pas trop, je dois rédiger le récit de la journée avant d’aller me coucher.
Mwen konn Dori mwen menm!!!
RépondreSupprimerLe recit est passionnant, je l'ai lu d'une traite! Pauvre Frantz et le fameux poulet! Bon courage!
RépondreSupprimerChapeau Jean Ronel!!! San mwen pa deplase mwen fè vwayaj lan avek Enersa.... C'est fascinant
RépondreSupprimerFoto Vè Ginnen-an pa-t nesesèr... Sa-a plis sanble ak youn Vè Bizango...LOL!!!
RépondreSupprimerSuper ton regard. Tu notes, tu observes, tu respectes. Vraiment sympa à lire. Tu es des nôtres !!!! Vraiment. Merci
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